Vérifier l’existence d’une assurance obsèques ou d’un capital décès

Avant d’envisager toute autre solution, il est essentiel de vérifier si la personne défunte avait souscrit un contrat d’assurance obsèques ou disposait d’un capital décès prévu par son employeur ou sa caisse de retraite.

  • Le contrat obsèques : Il peut prendre en charge tout ou partie des frais d’obsèques selon les garanties souscrites. Certains contrats incluent également une organisation complète des funérailles.
     
  • Le capital décès de la Sécurité sociale : Si le défunt était encore salarié, ses ayants droit peuvent bénéficier d’un capital forfaitaire versé par l’Assurance Maladie, pouvant aller jusqu'à 3 738 € (montant en 2024, sous conditions).
     
  • Les régimes de retraite complémentaires : Certaines caisses de retraite prévoient une aide financière en cas de décès, comme l’Agirc-Arrco pour les salariés du privé.

Il est donc recommandé de contacter les organismes concernés pour connaître les droits du défunt.

Faire appel aux aides sociales

Lorsque les ressources sont insuffisantes, plusieurs dispositifs d’aides sociales peuvent permettre de financer tout ou partie des obsèques :

L’aide de la commune

Si la famille du défunt ne dispose pas des moyens financiers nécessaires, la mairie du lieu de décès doit légalement prendre en charge les frais d’obsèques. Cette prise en charge, qui relève de l’obligation communale, concerne uniquement les personnes sans ressources suffisantes.

Dans ce cas, c’est la mairie qui désigne l’organisme de pompes funèbres chargé des obsèques, ce qui signifie que la famille n’a pas la possibilité de choisir l’entreprise funéraire ni d’influencer l’organisation de la cérémonie. Le maire est responsable de l’évaluation de la situation financière du défunt et de sa famille avant de prendre cette décision.

L’aide du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS)

Certaines communes proposent une aide financière via leur CCAS pour alléger le coût des funérailles. Cette aide est soumise à des conditions de ressources et doit être demandée auprès de la mairie.

L’aide du département

Les personnes en situation de grande précarité peuvent parfois obtenir une aide exceptionnelle du département, notamment via l’aide sociale à l’enfance ou l’aide sociale aux adultes sans ressources.

L’aide pour les bénéficiaires du RSA ou de l’ASPA

Si le défunt percevait le Revenu de Solidarité Active (RSA) ou l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA), certaines caisses de retraite ou collectivités locales peuvent proposer une aide aux obsèques.

La solidarité, ce n'est pas seulement aider, c'est aussi ne jamais laisser quelqu'un affronter seul ses épreuves.

Faire appel aux aides familiales et solidaires

La solidarité familiale

En l’absence de ressources suffisantes, les enfants, conjoints et ascendants sont légalement tenus de participer aux frais d’obsèques (article 205 du Code civil). Il est donc possible de partager la charge financière entre plusieurs membres de la famille.

Le financement participatif

Une solution de plus en plus répandue consiste à organiser une cagnotte en ligne (via Leetchi, GoFundMe ou d’autres plateformes) afin de mobiliser la solidarité des proches et amis du défunt.

Négocier avec les pompes funèbres et choisir des prestations économiques

Si aucun financement n’est disponible, il est possible de réduire considérablement le coût des obsèques en privilégiant des solutions économiques :

  • Opter pour une crémation avec une dispersion en pleine nature ou au jardin du souvenir, qui est souvent moins coûteuse qu’une inhumation.
  • Choisir un cercueil et une cérémonie simples, sans prestations superflues.
  • Comparer les devis de différentes entreprises funéraires pour obtenir le meilleur tarif.
  • Demander un échelonnement des paiements auprès de la pompe funèbre pour payer en plusieurs fois.

Certaines entreprises funéraires proposent également des formules à prix réduit pour les familles en difficulté

En dernier recours : le recours à la succession

Si le défunt possédait un patrimoine (compte bancaire, bien immobilier, assurance-vie), les frais d’obsèques peuvent être prélevés sur ces actifs. Les héritiers peuvent demander à la banque du défunt le paiement direct des obsèques, dans la limite de 5 910 euros (plafond pouvant varier selon les établissements bancaires).

Conclusion

Lorsqu’une famille se retrouve face au décès d’un proche sans argent pour financer les funérailles, plusieurs solutions existent : aides sociales, solidarité familiale, négociation avec les pompes funèbres et recours aux organismes publics ou privés. Le plus important est d’anticiper au maximum ces démarches et d’explorer toutes les pistes possibles afin d’assurer une cérémonie digne à la personne disparue.